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Chronique N°2

Ne confions pas notre destin à la science

Dans son Carnet d'un biologiste, Jean Rostand constatait :

" Je croyais qu'un savant était un homme qui cherche la vérité, alors que c'est souvent un homme qui vise une place ".

Aussi, pouvons-nous continuer à laisser faire n'importe quoi au nom d'une science qui a perdu toute conscience car notre époque est celle de la compétition et de la surconsommation dans laquelle le profit règne à tous les niveaux ?

En outre, nombre de scientifiques se targuent d'un " savoir ", qu'ils sont loin de posséder. D'ailleurs, ne confondons pas " savoir " et " connaissance ". Les grandes écoles et les Académies nous enseignent le savoir, mais pas le simple bon sens et encore moins la connaissance qui est un don rare et inné.

Dans l'actuel dirigisme économique, il est évident que les intérêts des citoyens sont souvent opposés aux intérêts des lobbies. Mais à présent, notre survie et celle de la Terre dépendent essentiellement de l'action et de la réflexion individuelles. Chacun d'entre nous doit faire son choix. Ou bien nous persistons à polluer les hommes et la planète pour le seul profit d'une toute petite minorité de gens qui détiennent la plus grande partie de la richesse mondiale ou bien nous admettons nos erreurs et réagissons rapidement. Ce changement dépend de chacun d'entre nous et de notre attitude face aux pouvoirs en place.

Il est grand temps de crier haut et fort notre détermination et de cesser de confier aux "experts" les problèmes qui nous concernent alors que nous connaissons à présent leur fréquente incompétence et le terrible usage qu'ils peuvent faire des droits que nous leur avons concédés avec légèreté.

La résistance à l'oppression des gouvernants qui ignoreraient nos droits est inscrite dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, et son Préambule signale que " L'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption de nos gouvernements ". Nombreux sont ceux qui semblent l'avoir oublié.

Nous réclamons également la liberté, mais, comme le disait si bien George Bernard Shaw : " La liberté signifie la responsabilité. C'est pour cette raison que la plupart des gens la craignent ". Aussi, prenons notre destin en main, refusons de céder à la crainte du jugement des autres, à la peur habilement distillée par des pouvoirs qui affirment " savoir ", alors qu'ils savent très peu.

Affirmons clairement nos opinions et assumons nos responsabilités, ne comptons pas sur nos élus pour le faire à notre place. Ils ont prouvé depuis des lustres qu'ils en étaient incapables. Nous sommes dans notre droit, pourquoi y renoncer ?

Si nous persistons dans notre aveuglement et notre participation au génocide de la Terre, la prophétie d'un Indien Creek risque de se réaliser : " Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson capturé, alors seulement vous vous apercevrez que l'argent ne se mange pas "

Sylvie SIMON

(Tous droits réservés ©  PRINTEMPS 2006