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Univers Spirale N° 86

 

L'Editorial

L’empreinte éthérique de Michaël

Le combat de l'Archange Michaël contre le Dragon est pris comme modèle du combat intérieur que chacun doit mener contre lui-même. Combat qui illustre la responsabilité de l'homme vis-à-vis du Cosmos à saisir la force active de l'esprit.

 

Comme le décrit Rudolf Steiner, dans sa première conférence viennoise en 1923, “Michaël, l’être cosmique, se tient derrière l’homme. En l’homme vit une empreinte éthérique de Michaël ; c’est elle qui mène en lui, le vrai combat des puissances supérieures contre les forces inférieures incarnées par le Dragon. C’est le garant de la liberté future que l’homme pourra peu à peu conquérir. Car ce n’est pas Michaël lui-même qui mène le combat, mais l’engagement fervent de l’homme, et l’image de Michaël que cet engagement suscite. Dans le Michaël cosmique continue à vivre l’être vers lequel l’homme peut lever les yeux, celui qui a engagé le combat cosmique originel contre le Dragon”.

L’époque où Michaël précipita le Dragon sur notre planète est antérieure à l’apparition de l’homme sur la Terre qui sera suivie de l’intériorisation progressive du combat de Michaël avec le Dragon. Vers la fin du XIXe siècle, cette image sera suffisamment “condensée” en l’homme pour qu’il puisse en prendre, intérieurement, conscience, et appréhender le Vainqueur du Dragon dans l’intimité de son âme.

Autrefois, le Dragon invisible exerçait sa puissance dans les pulsions, les instincts et les désirs. Pour la conscience ordinaire, il restait imperceptible, mais bien présent dans la nature animale, et vivant dans tout ce qui veut faire déchoir l’homme. Michaël intervenait alors lui-même dans la nature humaine, de façon que les êtres humains ne tombent pas trop bas...

Mais aujourd’hui, l’image de Michaël est devenue si forte qu’il dépend désormais de la volonté de l’homme lui-même de se hausser vers la forme rayonnante de l’archange, lui apparaissant en une vision de l’âme. Confronté à la force descendante du Dragon, l’être humain voit alors en esprit, l’archange radieux, dont la mission cosmique a toujours été de vaincre le Dragon.

 

Le principe de métamorphose dans ses rapports avec l'évolution est illustré magistralement par les colonnes du Gœtheanum de Dornach (Suisse), l’œuvre architecturale monumentale du fondateur de l’Antroposophie. Le Grand vitrail, rayonnant au crépuscule de sa lumière rouge pourpre, agit comme un aimant sur tout être en quête de Vérité. C’est l’éveil de la conscience du Soi et des forces manifestées par l’Archange d’Amour et de Feu. C’est l’élan permettant à l'homme de se hisser en conscience au niveau du Divin.

On retrouve dans la pensée michaëlique, l’Intelligence spirituelle de l'homme et du monde, notamment en son principe d'évolution qui n'existe pas uniquement dans l'art du beau, mais dans le combat salutaire entre le beau et le laid, entre la Lumière et les ténèbres qui en sont le révélateur, dans une transmutation, par le ternaire corps-âme-esprit, de la dualité en Unité.

Une nouvelle culture des Mystères est en cours. L'Organisation du cœur - c’est-à-dire du pôle rythmique - doit être pénétrée de l’énergie christique pour créer l'équilibre entre les pôles cérébral et métabolique. Car les conditions terrestres et cosmiques de l'impulsion michaëlique se manifestent par l’intériorité du cœur.

Comme l’écrivait Steiner, “je concentre mon cœur sur cette forme de lumière et je laisse la Lumière irradier mon cœur. Alors rempli de lumière et de chaleur, mon cœur sera porteur de la Force de Michaël. Libre dans son initiative, et fort de cette alliance, l’homme est capable de vaincre le Dragon dans son être inférieur”.

En vérité, ce n’est pas seulement sur la Terre que l’œuvre est appelée à se manifester. Toutefois, l’homme reste incapable de s’expliquer les événements terrestres tant qu’il ne peut y voir les images se déroulant dans le Monde suprasensible, et qui en sont la Cause ultime.

 

Marc J. PANTALACCI

(Tous droits réservés © Univers-Spirale N°86 – HIVER 2016)