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Univers Spirale N° 70

L'Editorial

L'Anneau absolu

 

"Nous avons prostitué la raison, expression de l’Intelligence du coeur, pour en tirer du rationalisme qui est utilitarisme, cette mentalité des marchands pour lesquels la balance est l’outil du travail où chaque chose a sa contre-valeur, son contrepoids, motivant la logique équationnelle et le système décimal savant”, écrit Jacques Breyer dans Terre Omega.
Mais dans la Vie, chaque instant diffère du précédent, la Genèse du monde continue, et dans la ronde des sphères, les cycles - base du calendrier Maya de l’évolution de la Conscience - jamais rien ne se retrouve à la même place. Car dans l’Univers, chaque chose est solidaire du Tout. Dans sa recherche de Dieu, l’homme doit regarder son oeuvre ; elle EST le Livre qu’il faut apprendre à lire en brisant les “Sept Sceaux” !
Le “mal” est à l’origine dans la conscience, lorsque la Connaissance devient savoir et que l’Intelligence du coeur tombe dans le “laboratoire du diable”, ce cerveau imitateur de l’OEuvre créatrice. Mais en l’homme, l’étincelle divine sommeille toujours, et lorsqu’un nouveau souffle l’anime, rien ne lui résiste.
Comme l’affirme la sagesse orientale, l’univers stellaire influe sur la Terre parce que celle-ci est de nature identique au Ciel, à son harmonie, à sa substance. Et cette identification est l’Arcane.
L’homme “microcosmique” serait une quantité moindre de l’homme “macrocosmique” s’il y avait différence. Or la grandeur n’existe pas pour la qualité pure. Un animal n’est pas un “microcosme” : il est un aspect de celui-ci, non une partie mais un état passager.
En revanche, l’homme est Totalité, et pour cela, il est lui-même le Cosmos.
“Mais cette totalité est virtuelle en lui. Elle ne sera effective que lorsque sa conscience sera libérée des contingences mortelles. L’Intelligence du coeur sera alors réalisée, libre de toute comparaison nécessaire. C’est la Conscience en soi réalisée, sans plus aucun reflet, donc sans coupure, “l’anneau fermé”, le phénomène cosmique tout entier.
L’Intelligence du coeur paraît comme “intuition”, c’est-à-dire une connaissance de ce que le cerveau n’a pas encore classé en “savoir”. L’intuition n’est autre qu’entendre la “Voix du Silence” qui parle en toute la nature vécue avec un son cosmique. L’intelligence du coeur est pouvoir transcrire ce son. L’expression la plus vraie est donnée par le Nombre. La faculté d’énumérer est inscrite dans la conscience innée de la Nature. La dualité est un rapport, c’est compter. La plante cherche son appui et tend vers en haut. Toute distinction est comptée. L’animal compte ses petits...
Mais il existe des limites caractéristiques de l’état conscient, de l’expérience innée en la chose, souligne Breyer. La Science des Nombres n’est pas celle des chiffres, ni même celle des proportions qui fait la géométrie ordinaire. On aura beau chercher des combinaisons et des séries, fût-ce avec le fameux Nombre d’Or de la section dorée, ceci ne révélera jamais le mystère des Nombres. Expression de la Vie, le Nombre parle directement à l’Intelligence du coeur. Son vrai “secret” réside dans le devenir d’Un à deux”.
Nous sommes dans le cycle de la Nature qui est l’Anneau du Devenir et du Retour. L’Anneau est à chaque instant commencement et fin, l’alpha et l’oméga. Le couper, c’est obéir à ce que veut notre intelligence cérébrale, redoutable activatrice de notre “petit ego”, c’est-à-dire nous séparer de la Source.
L’homme est un cosmos, le “Cosmos”. Il n’y rien dans le monde qui ne soit pas totalement en lui, virtuel ou manifesté. La forme éternelle de l’être humain est l’Anneau éternel qui manifeste la coupure par la naissance et la mort. Mais cette coupure qui crée la ré-action, n’affecte que l’aspect
physique. Car l’Anneau subsiste au-delà du temps et de l’espace.

Il EST le lien qui rassemble le Ciel et la Terre à travers l’homme. Notre glissement vers cet anneau, la Genèse du Devenir et la Genèse du Retour, nous donne l’illusion du mouvement et accorde une grandeur par le temps. Rien n’est plus fixe que le Vide, rien n’est plus stable que le Cycle du Devenir et du Retour, l’Anneau absolu. Comme dans le Grand OEuvre, cela exige de purifier, en brûlant le destructible des parties pour unifier ce qui était dualisé. Seul l’homme a en lui ce DON qui lui permet de se libérer de toutes les réactions émotives fondées sur l’égoïsme, première conscience cérébrale de soi-même, et d'atteindre à cette
liberté “aristocratique” par l’unification avec le Tout, l’Amour sans cause, sans but, sans récompense. C’est une deuxième naissance au monde, une deuxième Fiat Lux que celui du baptême de l’Esprit, la Pentecôte qui ouvre à chacun l’Intelligence du coeur.

Marc J. PANTALACCI

(Tous droits réservés © Univers-Spirale N°70 – HIVER 2012)